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20 October 2026

Une étude révèle l'ampleur de la pénurie de main-d'oeuvre au sein de la filière navale québécoise

Près d'un poste sur quatre à pourvoir dans les chantiers navals

Une étude révèle l'ampleur de la pénurie de main-d'oeuvre au sein de la filière navale québécoise

PERFORM et le CSMOIM dressent le portrait des besoins de recrutement et de formation, et proposent des pistes d’action pour y répondre.

Québec, le 20 octobre 2026 – Le Comité sectoriel de main-d'oeuvre de la fabrication métallique industrielle (PERFORM) et le Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'industrie maritime (CSMOIM) dévoilent aujourd'hui les résultats préoccupants de l'Étude sur l'adéquation formation-emplois et les perspectives de recrutement dans le secteur de la construction navale au Québec. Le constat est sans équivoque : la main-d'oeuvre devient le principal frein à la relance navale au Québec.

Les résultats de l’étude reposent notamment sur une enquête menée auprès de 260 établissements représentant plus de 15 000 emplois et sur la consultation d'une quarantaine d'acteurs de la filière. Ses 23 pistes d'action s'adressent à tout l'écosystème : chantiers, fournisseurs, établissements de formation, organismes de développement économique et gouvernements.

Ce projet a été rendu possible grâce à la participation financière de plusieurs partenaires ainsi que de celle du gouvernement du Québec. Réalisée par le Groupe DDM, l'étude a été menée en partenariat avec la Ville de Lévis, Québec International, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), Investissement Québec, Naval Québec, Chantier Davie, Groupe Océan et Chantier Naval Forillon, ainsi qu'avec le Centre de services scolaire des Navigateurs (CSSDN), le Cégep de Lévis, le campus de Lévis de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et l'Institut maritime du Québec (IMQ).

Pour lire l’étude complète, cliquez ici.

Faits saillants de l'étude

  • 24,1 % des postes sont à pourvoir dans les chantiers navals, contre moins de 4 % pour l'ensemble des industries au Québec en 2025.
  • Plus de 10 % des postes sont à pourvoir chez les fournisseurs en fabrication métallique industrielle.
  • Près de 10 000 travailleurs qualifiés seront recherchés d'ici 2028 dans l'ensemble de l'industrie.
  • 37,6 % des postes de soudeur-assembleur sont vacants dans les chantiers, et plus de 440 devront être formés ou recrutés d'ici 2028.
  • 58 % des employeurs jugent le recrutement de soudeurs-assembleurs très difficile ou impossible.
  • Plus du quart des travailleurs de fabrication métallique industrielle ont 55 ans et plus.
  • Bien que certaines formations existent, l’offre demeure insuffisante, notamment en l’absence de programme universitaire en architecture navale.
  • Les contrats fédéraux connus et octroyés à ce jour aux chantiers québécois, pour la construction de plusieurs navires et brise-glaces, totalisent environ 15 G$.

Une pénurie structurelle, et non passagère

Selon l'étude, cette pénurie est durable; les besoins de 2028 se planifient donc maintenant. Après des décennies de faible activité, l'offre de formation propre à la construction navale demeure limitée au Québec. Les employeurs citent surtout le manque de connaissances techniques en construction navale chez les candidats, la rareté des diplômés et un accès plus restreint aux travailleurs étrangers.

Des solutions à bâtir ensemble

L'étude propose 23 pistes d'action regroupées en cinq axes. Parmi elles : adapter au contexte de la construction navale les formations existantes en soudage, en électricité, en tuyauterie ou en peinture industrielle, miser sur la formation continue des travailleurs déjà en poste et s'inspirer des pratiques éprouvées à l'international, notamment en Finlande. PERFORM et le CSMOIM entendent poursuivre la mobilisation amorcée avec les entreprises et les partenaires, et l'élargir à l'ensemble de la filière.

Citations

« Les chantiers ne travaillent jamais seuls : de 70 % à 80 % de la valeur d'un navire provient des fournisseurs. Nos entreprises de fabrication métallique ont déjà des carnets de commandes bien remplis et peinent à recruter. Cette étude nous procure enfin une vue d'ensemble pour préparer l'industrie à saisir les occasions d'affaires qui se présentent au Québec. » – Carl Boily, directeur général de PERFORM

« La construction navale représente une occasion économique exceptionnelle pour le Québec, mais aucun navire ne peut voir le jour sans une main-d'oeuvre qualifiée pour le concevoir, le construire, l'entretenir et le réparer. Avec près d'un poste sur quatre à pourvoir dans les chantiers, attirer les talents et développer leurs compétences est devenu l'enjeu numéro un. » – Manou Bernard, directrice générale du CSMOIM

« Cette étude offre une vision commune des besoins de la filière en construction navale et une occasion de renforcer la concertation entre les acteurs du milieu. Le défi consiste maintenant à développer des parcours de formation accessibles et adaptés afin de soutenir la croissance de l'industrie par une main-d'oeuvre qualifiée, tout en arrimant durablement les efforts des partenaires autour d'une vision partagée du développement des compétences. » – Véronique Bolduc, directrice des services éducatifs de la Formation professionnelle, l'éducation des adultes et les services aux entreprises (FPEAE) du CSSDN

À propos des comités sectoriels de main-d'oeuvre (CSMO)

Les comités sectoriels de main-d'oeuvre (CSMO) sont des partenaires privilégiés du marché du travail québécois. Reconnus par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), ils rassemblent les employeurs, les travailleurs, les établissements de formation et les partenaires publics autour d'un objectif commun : assurer le développement d'une main-d'oeuvre compétente, disponible et adaptée aux besoins des secteurs économiques du Québec.

Grâce à leur expertise sectorielle, les CSMO soutiennent l'attraction des talents, le développement des compétences, la promotion des carrières et l'adéquation entre la formation et l'emploi. Leur action concertée contribue à la vitalité et à la compétitivité des industries québécoises dans un contexte de transformation du marché du travail. Dans le secteur de la construction navale, PERFORM et le CSMOIM collaborent étroitement afin de mieux comprendre les besoins de main-d'oeuvre, favoriser le développement des compétences et proposer des solutions concertées répondant aux réalités des chantiers navals et de l'industrie maritime. Cette complémentarité permet d'aborder les enjeux de formation et d'emploi dans une perspective de filière, où la construction, la réparation, l'entretien et l'exploitation des navires reposent sur des compétences souvent communes et interreliées.